La décision du Conseil Constitutionnel rendue le 10 juin dernier remet en cause la loi Hadopi.
En effet, les sages du Conseil censurent une des dispositions majeures de la loi à savoir la possibilité de couper la connexion Internet d'une personne coupable de téléchargement illégal.

Cet arbitrage sonne comme une victoire pour tous les internautes qui revendiquaient la liberté d'accès à Internet. Pour autant, l'affaire ne s'arrête pas là. Le gouvernement envisage de faire voter une nouvelle version de la loi. Les institutions judiciaires, et non plus l'Hadopi, seraient alors chargées de lutter contre le téléchargement illégal et de le sanctionner.

Au-delà de la polémique, la loi Hadopi souligne la nécessité de combler le vide juridique en ce qui concerne le respect du droit d'auteur sur Internet. En effet, l'arrivée des NTIC a complètement bouleversé les comportements des consommateurs dans leur rapport à la création culturelle. Pourquoi aujourd'hui donc acheter un CD alors qu'on peut trouver le même album à disposition sur le Web? Ces évolutions ébranlent fortement le monde de l'industrie culturelle (musique et cinéma) et posent la question de la rémunération des artistes.

Pourtant, les internautes ne semblent pas totalement réfractaires à l'idée de payer du contenu. Il suffit de penser au succès remporté par le groupe de musique Radiohead lors de la vente de l'un de ses albums en ligne. Les internautes étaient invités à déterminer librement le prix (ou non) qu'ils souhaitaient payer pour télécharger l'album. Au final, le groupe a gagné plus d'argent que s'il avait vendu son album par le circuit traditionnel.